Tablet PC: oui, mais pour quoi faire?

Le petit monde de l'informatique est enthousiaste. Il parait que la technologie est prête! J'ai eu l'occasion de jouer un peu avec un Tablet PC à Interop cette année... permettez moi de continuer à penser qu'il s'agit d'un beau jouet, mais sans plus!


Il ne s'agit de rien d'autre que d'un PC portable dont on a remplacé le clavier par un système de reconnaissance d'écriture cursive. Oui c'est hype! Et avec une "dalle" électromagnétique plutôt que tactile (contrairement aux PDA par exemple), ce qui permet de prendre appui avec la paume de la main pour écrire avec plus de confort. Oui c'est élégant! Mais le problème, c'est que pour les applications classiques, la zone de saisie où l'on peut écrire est en bas de l'écran, donc on a jamais la place pour reposer la main. La zone est certainement déplaçable, mais après on ne voit plus vraiment ce que l'on fait...


Bref, le Pocket PC est donc surtout utilisable avec des applications spécialement conçues pour lui, comme le journal: un bloc notes électronique avec possibilité de reconnaissance d'écriture. Disons que son principal avantage consiste à pouvoir saisir des notes en étant debout et en disposer immédiatement sous forme numérique. Probablement que pour se déplacer dans un atelier de production ça peut se révéler utile. En réunion, le seul avantage sera de disposer d'une méthode de saisie un peu plus silencieuse qu'un clavier et la possibilité de faire des croquis puis de diffuser le compte rendu immédiatement en sortie de réunion.


Mais ce n'est pas une panacée. Le système de reconnaissance d'écriture, bien qu'étonnament efficace (même sur ma pire écriture!) n'est pas forcément très agréable à utiliser sur les modèles disponibles actuellement: le tracé s'affiche avec un léger décalage aussi bien spatial que temporel. Je m'explique: si vous voulez faire un point il sera généralement décalé de quelques pixels par rapport à l'endroit où vous avez physiquement pointé. Evidemment, il doit y avoir un système de réglage. Le démonstrateur Microsoft sur Interop n'a toutefois pas été en mesure de me le montrer. Par ailleurs, si l'offset se dérègle aussi souvent que sur un Palm ça va vite devenir insupportable (l'avantage du Palm est que l'on ne s'en sert pas en continu, toute la journée).


L'autre décalage se produit dans le temps: l'encre électronique vous suit plus ou moins à la trace mais avec une fraction de seconde de retard. En conséquence, si vous écrivez vite (typiquement le cas d'une prise de notes), vous ne pouvez pas voir en temps réel si vous êtes lisible! Quand une lettre s'affiche vous avez déjà commencé à écrire la suivante. Impossible de corriger le tir (agrandir la boucle d'un e, ou agrandir la barre d'un t) pour améliorer la lisibilité sans casser complètement votre rythme d'écriture.


Quand je dis que l'encre vous suit plus ou moins, c'est parce que le numériseur (qui intervient avant même le processus d'affichage de l'encre) fonctionne lui aussi avec un délai de lattence: il ne mémorise donc pas très finement l'ensemble des pixels par lesquels vous passez. Résultat: toutes vos boucles sont un peu plus serrées que vous ne les avez dessinées... et votre écriture perd forcément en lisibilité. Ce qui n'empêche toutefois pas la reconnaissance par l'algorythme qui semble être assez performant (en revanche, lorsqu'il se trompe, le correcteur d'orthographe est particulièrement inutilisable: il a visiblement été pensé pour un usage avec clavier!)


En conclusion, je pense que les applications sont plutôt limitées à des environnements très spécifiques, là où un PDA ne suffit pas par sa taille ou sa puissance, mais vraiment je vois mal le Pocket PC se développer au delà d'un marché de niche dans les quelques prochaines années. Et même pour des applications très spécifiques, je pense qu'il est utile d'attendre la génération suivante, probablement plus aboutie en termes d'utilisabilité...

(peut être un jour le lecteur de e-books idéal?)

MS Outlook contre le spam

La prochaine version de Microsoft Outlook entend lutter contre le spam en empêchant les mails reçus au format HTML d'aller chercher leurs contenus mumtimédias sur un serveur distant (sauf accord explicite de l'utilisateur). Malheureusement, ceci aura simplement pour conséquence que les spammeurs enverront désomais des mails au format MIME Multipart avec toutes les images et autres médias inclus. Les spam seront donc beaucoup plus gros et représenteront donc un traffic encore plus imporant!!
Point positif toutefois: impossible avec cette méthode de remonter automatiquement des infos sur qui consulte effectivement le spam reçu puisque la communication avec le site de l'annonceur ne sera par défaut plus possible.

Quant à l'argument marketing de lutte contre les virus, laissez-moi rire... (cela fait belle lurette qu'ils sont intégré dans le message et ne vont pas se télécharger sur un serveur distant!)

Initiative intéressante donc, mais qui ne résoudra pas grand chose (si ce n'est un peu plus de respect de la vie privée des victimes :))

La visioconférence, bientôt aussi indispensable que le téléphone, le FAX et l'e-mail?

Selon Jean-François Thau (Polycom) sur JDNet chat:

"La Visioconférence n'a pas une mauvaise image... Il y a les entreprises qui s'en servent et les autres ! Allez chez PSA, Valéo, L'oréal, Michelin, Schneider, Aérospatiale... et dans des centaines de PME en France, au Ministère des finances...Vous trouverez des gens qui ne "peuvent plus s'en passer", au même titre que leur PC ou FAX !"


"L'ensemble des grands comptes et grandes administrations sont aujourd'hui équipées."


"Le phénomène interressant, comme je le mentionnais plus tôt, c'est la descente en profondeur de ces technologies dans le "middle market". Les PME représentent aujourd'hui 40% des placements !"

Citation de Rafi Halajian (Fluxus):

"Pendant la grande vague des intriductions en Bourse euphoriques de 1999-2000, la capacité d'attention d'un analyste ou d'un investisseur institutionel était le plus souvent de quarante-cinq minutes. PowerPoint était donc l'outil par excellence pour lyophiliser votre projet et le servir à ceux qui tenaient les cordons de l'avenir de votre boite".

La citation du jour

En janvier 1999, le business model du commerce électronique semble être de vendre à perte en compensant par la pub, voire d'offrir le PC qui permettra de venir consulter la publicité! The Economist s'interroge alors:

"Est-ce trop improbable d'imaginer Dollar.com, une entreprise qui vendrait des billets de 1 dollar pour 90 cents et gagnerait de l'argent grâce à la publicité?"